exposition

crédit photo : Alice Migeon & Alice Rochette

exposition

Dates

  • Vernissage le 26 février à 18h30
  • Exposition du 26/02 au 9/04 – du mercredi au vendredi de 11h à 18h

Lieu

CAUE de l’Hérault, 19 Rue Saint Louis, 34000 Montpellier

Exposition « La graaande traversée »

L’exposition « La Graaande Traversée » se présente comme un véritable manifeste visuel et sensoriel, invitant à repenser notre manière d’habiter le territoire. Conçue comme l’aboutissement d’une enquête de terrain de 30 kilomètres entre le Pic Saint-Loup et la mer, elle propose une réflexion profonde sur l’impact de l’homme sur son environnement et la place du végétal dans nos écosystèmes.

Le cœur de cette installation repose sur la présentation de quatre planches botaniques « en creux ». Loin des illustrations classiques, ces œuvres mêlent descriptions techniques et graphiques pour explorer les interactions invisibles entre la faune, la flore et les activités humaines. À travers l’utilisation de neuf médiums différents (la photographie, la sculpture, l’écriture poétique et l’installation sonore) les artistes Alice Migeon et Alice Rochette créent un parcours où chaque visiteur peut observer la mosaïque des milieux qui composent notre région.

PROPOS DE L’EXPOSITION
Durant la résidence de la graaande traversee, nous enquêtons sur les arbres du territoire montpelliérain afin d’explorer complexifier et altériser la compréhension de ces paysages quotidiens et de nos liens à la nature. L’axe emprunté pour cette exploration a été d’identifier des arbres iconiques en suivant un transect nord-sud. L’adjectif « iconique » s’est immiscé pour désigner ces arbres qui font image, ceux que l’on croise sans cesse et qui caractérisent un paysage.

À vélo, nous avons sillonné l’arrière-pays jusqu’à atteindre le Pic Saint-Loup culminant à 658 m d’altitude, puis sommes descendus à Villeneuve-lès-Maguelone, là où la terre s’effondre dans la mer. Nous rencontrons ainsi : le chêne kermès, le figuier, le platane, l’ailante, les palmiers et le tamaris.

Dès le XVIIIe siècle, les planches botaniques précisent très finement l’anatomie des plantes, mais taisent les milieux et les interactions avec d’autres espèces.

A travers la conception de planches botaniques en creux, nous essayons de mettre en avant des détails qui n’en sont pas, à savoir : quelles sont leurs stratégies d’adaptation et leurs modes de subsistance ? Et au contraire, quels facteurs les rendent vulnérables ? etc. Au-delà des questions d’ordre biologique, nous racontons les relations que les humains entretiennent avec le végétal, qu’elles soient d’ordre économique, politique, social, esthétique ou émotionnel.

Lors de notre première venue, nous avons focalisé nos recherches sur les platanes et les palmiers, de grandes stars façonnant les paysages et plantés pour mettre en valeur les places principales et les lieux touristiques.

Le regard est ici tourné vers des espèces dites spontanées, vagabondes, rudérales ou encore opportunistes. L’ailante et le figuier vivent dans nos sillons grâce aux terrains que nous leur avons composés, sans le préméditer. L’une a un goût succulent, l’autre présente une odeur jugée nauséabonde. Toutes deux se caractérisent par une croissance d’un à deux mètres au cours de leurs premières années, des graines légères, portées par le vent, et par une implantation dans des milieux isolés.

Par le biais de l’archipel de chercheureuses proliférant à Montpellier, nous orchestrons graphiquement la controverse dont l’ailante est au cœur, et la microscopique histoire de la reproduction symbiotique des figuiers et du blastophage, nourries des travaux de recherche établis par Véronique Mure, Lisa Baboin, Finn Kjelberg et Yves Caraglio.

Notre troisième chapitre devrait s’écrire sur le tamaris et le chêne kermès, deux espèces aux toutes petites feuilles, s’attelant à diverses stratégies pour résister à la salinité et à la dureté du climat de la garrigue.

Cette exposition est à découvrir du 26 février au 10 avril 2026 au CAUE de l’Hérault.

Un projet de la Maison de l’Architecture Occitanie Méditerranée avec le soutien de Montpellier 2028 – Terres de culture, de la DRAC Occitanie, du Conseil Régional de l’Ordre Occitanie, de la Ville de Montpellier et de Montpellier Méditerranée Métropole.